Les « yeux dans le ciel » : le belvédère de terres excavées d’Antoine Grumbach et ECT

28 janvier 2019
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Un article de Thomas Lapointe / 28 janvier 2019

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Les « yeux dans le ciel », œuvre de land art signée Antoine Grumbach, a été lancée le 25 janvier 2019 à Villeneuve-sous-Dammartin (77), site de valorisation d’ECT, mécène du projet. Les terres excavées, des chantiers du Grand Paris express pour un quart d’entre elles, constitueront la matière première de l’œuvre. 

Ce projet de land art, entre « art métropolitain » et « art aérien », mis en œuvre par ECT et imaginé par l’architecte-urbaniste Antoine Grumbach, s’étend sur 130 ha, enneigés ce jour-là, situés dans l’axe des pistes de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Cet immense projet de réaménagement rural, rythmé par le balai des camions et le survol des avions, entend devenir la vitrine des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 en même temps qu’un « grand lieu de loisir », comme l’a rappelé Antoine Grumbach, lors du lancement du projet, vendredi 25 janvier 2019 (*).

Le projet de land art, entre « art métropolitain » et « art aérien », mis en œuvre par ECT et imaginé par l’architecte-urbaniste Antoine Grumbach, s’étend sur 130 ha. ©Antoine Grumbach

Entièrement constitué de terres excavées, le site de Villeneuve-sous-Dammartin développe une surface de 130 hectares et 30 m de hauteur. A titre de comparaison, à Paris, cela correspond à un périmètre s’étendant de la Cour Carrée du Louvre à la place de la Concorde, sur lequel viendraient se poser les 2 Yeux de 400 mètres chacun du projet.

700 camions par jour

Les « yeux dans le ciel », c’est aujourd’hui un défilé de 700 camions par jours, qui achemine de 7h à 16h des chargements de 25 tonnes de terres issues de l’ensemble des chantiers de l’Ile-de-France. Un impressionnant va-et-vient qui débute systématiquement par la pesée et le contrôle du chargement.

Pour Antoine Grumbach, le projet s’intègre dans une réflexion urbanistique plus globale : « Qu’est-ce que l’art à l’échelle métropolitaine ?, interroge-t-il, soulignant le soutien formidable d’ECT. Le site perdurera après les JO, il est voué à devenir un grand lieu de loisir dans le département, poursuit l’architecte, avec des activités, notamment sportives, des expositions, des foires, des concerts ou des pistes de VTT ». Une partie sera également rendue aux agriculteurs locaux et en particulier aux producteurs de blé et une zone de compensation écologique a été délimitée, en vue de la préservation d’un oiseau : l’œdicnème criard (burhinus oedicnemus). Les « riverains doivent s’approprier le lieu », indique Laurent Mogno, président d’ECT.

Un quart des terres en provenance du Grand Paris express

Si la terre et les gravats sont issus de toute l’Ile de France, 20 à 25 % des déchets proviendront de la Société du Grand Paris (SGP) au pic des chantiers, contre 10 % aujourd’hui ». souligne Laurent Mogno. Un pic qui correspond aux chantiers des lignes livrées pour 2024, soit entre 2019 et 2022, durant lesquelles l’ensemble des tunneliers du Grand Paris express (21 au total) fonctionneront en même temps, rappellent les dirigeants d’ECT. Avec une cadence qui va s’accélérer, pour respecter les délais et des tunneliers du Grand Paris Express qui vont œuvrer 24 heures sur 24. ECT s’est assurée de pouvoir recevoir les gravats la nuit. Au total, le Grand Paris représente 43 millions de tonnes de matériel à réutiliser ou réaménager. Des terres excavées présentant des particularités adaptées à l’édifice.

Si la terre et les gravats sont issus de tous les chantiers de l’Ile de France, 20 à 25[insec]% des déchets proviendront de la Société du Grand Paris (SGP) au pic des chantiers. © Jgp

Le site de Villeneuve-sous-Dammartin en été. © Gil Fornet

« ECT mène au travers de ce projet une recherche écologique et quasiment scientifique pour la préservation et la réintroduction des espèces », a souligné Gilles Chaufour, maire de Villeneuve-sous-Dammartin, qui a rappelé que la ligne 17 du GPE passera à 1 kilomètre du site et du village.

Patrick Renaud, président de Roissy-Pays de France, a confirmé l’enthousiasme général des personnalités présentes, évoquant une « grande date pour la communauté d’agglomération ». Roland Castro, « très ému » a rappelé l’importance d’un tel projet : « c’est une initiative privée d’intérêt public, avec le soutien du public, avec de vrais élus de terrain […] c’est probablement rentable mais c’est aussi un cadeau fait à la collectivité », a fait valoir l’architecte.

L’économie circulaire et la transition écologique au cœur du projet

Antoine Grumbach a insisté sur l’importance de la question écologique dans son travail en intégrant les « yeux dans le ciel » dans une vision durable plus englobante, sous le signe de l’économie circulaire. « Nous sommes convaincus de la noblesse de la matière (la terre) et de sa capacité écologique intrinsèque», a souligné le président d’ECT,  évoquant un partenariat avec l’université de Creil. Une douzaine d’autres belvédères sont en projet tout autour de la petite couronne,

Antoine Grumbach : « Une œuvre d’art aérien »

Antoine Grumbach, vendredi 25 janvier, sur le site. © Jgp

« Cette œuvre faite de deux yeux de 400 mètres réconcilie industrie circulaire, paysage, compensation écologique et art à grande échelle, indique Antoine Grumbach. « Les yeux du Ciel » associent la découverte aérienne des paysages, à des promenades où coexisteront agriculture et loisirs culturels et sportifs. Cette réalisation contemporaine renvoie à la tradition des géoglyphes préhistoriques. Elle s’inscrit dans notre projet de land art métropolitain célébrant la diversité des paysages de la région parisienne grâce à la mise en forme d’une collection de collines artificielles réparties sur une circonférence d’environ 30km de rayon autour de la capitale qui constitueront les « nouveaux Belvédères du Grand Paris ».

*: En présence du président d’ECT, Laurent Mogno, du président de la communauté d’agglomération de Roissy Pays de France, Patrick Renaud, des maires de Villeneuve-sous-Dammartin et du Mesnil-Amelot, respectivement Gilles Chauffour et Alain Aubry, de Roland Castro, auteur du rapport « du Grand Paris à Paris en Grand », de Béatrice Abollivier préfète de Seine-et-Marne, et du député LREM Rodrigue Kokouendo, ce lancement s’est déroulé sur le site du projet et à la mairie de Villeneuve-sous-Dammartin.

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