6 clefs pour décarboner les chantiers d’ECT

Les acteurs de l’aménagement paysager et du terrassement sont aujourd’hui confrontés à un défi de taille : réduire drastiquement leur empreinte carbone sans sacrifier leur compétitivité. Entre renouvellement de flotte, carburants alternatifs, hybridation des engins et optimisation des usages, les leviers existent — mais leur déploiement se heurte encore à des contraintes technologiques, réglementaires et économiques bien réelles. 

Voici un retour d’expérience concret sur les solutions mises en œuvre sur nos sites de valorisation des terres excavées, en montrant qu’une trajectoire de décarbonation ambitieuse est non seulement possible, mais qu’elle devient, à moyen terme, un atout économique. Car décarboner le chantier, c’est aussi préparer la filière à un avenir où performance environnementale et rentabilité ne s’opposent plus, mais se renforcent mutuellement.

1. Utiliser l’évolution technologique des moteurs thermiques pour réduire les émissions de GES

Le durcissement progressif des normes antipollution des engins a entraîné des avancées technologiques majeures sur les motorisations thermiques. En dix ans, trois évolutions réglementaires ont été mises en place. Elles concernent notamment les émissions d’oxydes d’azote (NOx) et de particules.

Ces normes s’appliquent aux engins neufs. Nous avons donc investi massivement dans le renouvellement de notre parc. Entre 2014 et 2021, l’âge moyen de nos 80 machines est passé de plus de 4 ans à moins de 2 ans et demi.

2. Réduire la consommation de carburant : le pari réussi des engins hybrides.

Dès 2014, nous avons fait le pari des machines hybrides. Nous avons d’abord acquis un bulldozer Caterpillar D7E, doté d’une technologie hybride diesel/électrique. Puis, en 2017, nous avons intégré une pelle à chenilles Komatsu HB365. Elle est équipée d’un système exclusif de récupération de l’énergie de la rotation de la tourelle.

Ces technologies ont permis de réduire de 10% à 20% notre consommation de carburant. Aujourd’hui, nous disposons de deux machines hybrides supplémentaires de type Caterpillar D6 XE. L’économie générée est de plus de 15.000L de carburant par an, soit l’équivalent de 40 tonnes de CO2 en moins chaque année. Pour en savoir plus, cliquez ici.

3. Privilégier des carburants alternatifs au gazole : des solutions émergentes

Depuis 2019, une partie de notre flotte d’engins utilise du GTL (Gas-to-Liquids), un carburant de synthèse générant beaucoup moins de NOx ou de particules à la combustion. C’est une avancée indéniable en complément de l’évolution technique des moteurs, notamment en utilisation en souterrain. Mais le coût reste élevé.

Depuis 2021, nous avons mis en place un contrat pour la fourniture d’Oleo100. Il s’agit d’un carburant de substitution durable à base de colza français. Son bilan carbone est très favorable, avec plus de 50 % d’économie de CO₂ « du champ à la roue ». Ce choix nous a permis d’économiser plus de 35 tonnes de CO₂ sur une année. Toutefois, les contraintes d’homologation limitent son développement à grande échelle.

Enfin, afin d’allier le meilleur des deux mondes, nous envisageons à court terme l’expérimentation du carburant HVO100. Sa méthode de production est similaire à celle du GTL. Elle utilise des matières premières biosourcées recyclées. Cela permet d’obtenir un bilan CO₂ global très favorable. Ce carburant réduit également fortement les émissions lors de la combustion. Cependant, le coût de ce carburant reste encore une interrogation.

4. Coupler moteur électrique et production d’hydrogène : une filière à suivre

Dès 2020, ECT a mené une réflexion sur le développement d’une flotte de camions électriques alimentés par pile à combustible, et à l’infrastructure d’une production d’hydrogène associée. Un partenariat avec Gaussin et Bouygues Energies & Services avait pour ambition une mise en service de premiers camions en 2022.

Le contexte réglementaire peu incitatif, les difficultés opérationnelles, nous ont empêché d’atteindre cet objectif. Nous restons persuadés que cela reste une solution d’avenir et œuvrons pour une structuration de la filière. En 2025, notre récent partenariat avec la société Hyliko relance nos recherche. Pour en savoir plus, cliquez ici.

ECT site de Villeneuve-sous-Dammartin

5. Allier les hommes et la technologie : une optimisation efficace et pérenne

La mise en place de bonnes pratiques dans l’utilisation des engins de chantiers est fondamentale. Des gains substantiels de consommation de carburant sont possibles au quotidien. L’exploitation et la consolidation des informations de télématique et de géolocalisation embarquées sur les machines par un outil externe de monitoring – Fleet Management « HIBOO », constitue une source d’optimisation en 3 points : S’assurer de l’adéquation de l’engin et du travail à effectuer, ce qui génère de réelles économies de carburant. Améliorer le taux de ralenti des engins, un engin au ralenti impliquant du carburant gaspillé. Enfin, promouvoir les bons comportements de conduite d’engins. La sensibilisation et la formation des conducteurs constituent un levier de court terme quel que soit le type de machine et de carburant.

6. Le maillage des sites : rapprocher les chantiers d’excavation des sites de valorisation

Le transport des terres par camion représente 80% des émissions globales de la filière.  L’emplacement des sites d’ECT, de par leur proximité avec les chantier d’excavation permet d’économiser 67% d’émissions de GES, soit 22000 TeqCo2. Notre prochain objectif est d’être prescripteur d’évolutions sur les véhicules poids-lourds TP et sur les carburants auprès de nos clients du BTP pour le transport des terres. Ainsi, l’ensemble de la profession aura les moyens de participer à cet effort collectif de verdissement de nos activités.

En conclusion

En conclusion, la question pourrait-être : doit-on se réjouir du contexte actuel qui incite à s’orienter systématiquement vers une évolution ? Allons-nous vers une crise disruptive et bénéfique ? Diminuer les consommations, donc minorer les émissions de GES et capitaliser sur une conduite et un usage responsables des engins ont un impact financier favorable pour les entreprises. La conjugaison des enjeux économiques et écologiques va-t-elle donner un nouveau souffle à l’innovation technologique ? C’est possible, en misant sur une action collective pour que l’ensemble de la filière déploie pleinement ses intérêts environnementaux..

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