Le 11 juin 2026, sur le site de Villeneuve-sous-Dammartin (Seine-et-Marne), Laurent Mogno, président d’ECT, et Ovarith Troeung, directeur général d’Hyliko, ont officiellement présenté le premier camion hydrogène d’Europe dédié au transport de matériaux de chantier.
L’événement, présidé par Pierre Ory, préfet de Seine-et-Marne, réunissait également Olivier Blond, conseiller régional Île-de-France délégué à la santé, Alain Aubry, maire du Mesnil-Amelot (77), vice-président de la communauté d’agglomération Roissy Pays de France et président de Roissy Dev, Laurent Gautier adjoint-au-maire de Villeneuve-sous-Dammartin (77), Stéphanie Auzias, maire d’Annet-sur-Marne (77), des représentants de l’État et des collectivités locales, ainsi que les acteurs de la filière hydrogène, Toyota et Lhyfe, ainsi que des représentants de l’ADEME, financeur du projet
Un défi environnemental pour le BTP : décarboner le transport lourd de chantier
Le secteur du BTP figure parmi les plus émetteurs de gaz à effet de serre, et le transport de matériaux en constitue l’un des principaux leviers d’action. Comme l’a rappelé Laurent Mogno, la première étape de décarbonation consiste à limiter les distances et travailler en boucle locale. Le transport fluvial implique le plus souvent des distances de brouettage très émettrices, et le transport ferroviaire reste trop complexe à mettre en œuvre sur les chantiers. C’est donc sur le camion qu’il faut agir.
Face à cet enjeu, l’hydrogène s’impose comme une solution à fort potentiel pour remplacer le diesel dans les usages les plus intensifs. La Région Île-de-France s’est fixé un objectif de réduction de 26 % de ses émissions de gaz à effet de serre, avec une ambition claire de développer les véhicules hydrogène dans les mobilités professionnelles, y compris le transport lourd. Comme le souligne Olivier Blond : « Voir émerger en Île-de-France le premier camion hydrogène dédié aux travaux publics en France et en Europe est une réelle fierté. Cette expérimentation illustre concrètement le rôle de notre région dans l’accélération des solutions de mobilité décarbonée. »
« Voir émerger en Île-de-France le premier camion hydrogène dédié aux travaux publics en France et en Europe est une réelle fierté. Cette expérimentation illustre concrètement le rôle de notre région dans l’accélération des solutions de mobilité décarbonée. »
Olivier Blond, conseiller régional Île-de-France délégué à la santé
Un projet ancré dans le territoire et porté par des acteurs publics engagés
Ce projet incarne une vision partagée entre acteurs publics, industriels et opérateurs, soutenue par la Région Île-de-France et l’ADEME. Pierre Ory, préfet de Seine-et-Marne, en a souligné la portée : « En répondant aux besoins concrets du secteur tout en créant de la valeur pour le territoire, cette expérimentation ouvre des perspectives prometteuses pour l’avenir. » Alain Aubry a quant à lui insisté sur la nécessité de solutions de transport modernes et durables pour absorber les flux liés aux grands chantiers du Grand Paris : « Cette première européenne démontre qu’il est possible de concilier ambition environnementale et développement économique. Nous sommes honorés d’avoir contribué à cette avancée, qui ouvre la voie à des chantiers plus durables. »
La mobilisation des acteurs publics et privés autour de cette initiative démontre la force de notre territoire lorsqu’il s’agit de relever des défis communs.
Pierre Ory, préfet de Seine-et-Marne
Une solution éprouvée en conditions de chantier
Ce camion à pile à combustible d’Hyliko, opéré par le groupe Mauffrey, n’est pas un prototype : il est utilisé depuis plusieurs mois en conditions réelles sur les chantiers du Grand Paris, pour le transport des terres excavées du lot 3 de la ligne 17 (attributaire Razel-Bec, groupe Fayat). Sols instables, environnements poussiéreux, charges importantes, cycles d’utilisation intensifs… le véhicule évolue au cœur des contraintes les plus exigeantes des travaux publics. Les retours d’expérience de Razel-Bec sont très positifs, et Toyota Motor Europe souligne l’importance de ces données terrain pour accélérer l’amélioration et l’industrialisation de la filière. Ces essais confirment que la technologie hydrogène est aujourd’hui mature pour le transport lourd de chantier.
Vers un déploiement à grande échelle
Pour transformer cette expérimentation en modèle reproductible, deux conditions s’imposent : le développement des infrastructures de recharge en hydrogène — comme l’a illustré Lhyfe en présentant ses installations — et la formation des conducteurs. Le groupe Mauffrey et les entreprises de travaux publics engagées dans le projet insistent sur ces prérequis indispensables. Forts de cette première européenne, ECT et Hyliko entendent ouvrir la voie à une nouvelle génération de véhicules et d’infrastructures, au service d’une logistique de chantier véritablement bas carbone.
« Cette première européenne démontre qu’il est possible de concilier ambition environnementale et développement économique. Nous sommes honorés d’avoir contribué à cette avancée, qui ouvre la voie à des chantiers plus durables. »
Alain Aubry, maire du Mesnil-Amelot (77), vice-président de la communauté d’agglomération Roissy Pays de France et président de Roissy Dev


