Les EEE : phénomène mondial, un enjeu local pour l’entreprise
Les espèces exotiques envahissantes (EEE) sont une menace reconnue pour les milieux naturels. Elles représentent le 4ème facteur de perte de biodiversité dans le monde. Leur présence engendre des préjudices agricoles, piscicoles, écologiques et sanitaires exorbitants. Des chercheurs du CNRS ont publié, en mars 2021, une synthèse des coûts économiques engendrés par la présence des EEE dans le monde. Entre 1870 et 2017, le préjudice s’élèverait à 1 288 milliards de dollars US.
Cet enjeu mondial se transforme en lutte locale pour ECT. La déshérence initiale de la majorité des sites où nous intervenons favorise la présence, voire la prolifération d’EEE. Dans le cadre de notre activité, l’aménagement du site et la restauration de ses milieux naturels nous engagent à intégrer la lutte contre les EEE comme un enjeu prioritaire de notre action pour la biodiversité.
Cibler notre action
ECT est un acteur de terrain : agir. Cela a conduit les équipes du projet – conception, espaces verts et exploitation – à innover et à transformer leurs pratiques.
Du fait de leur fréquence sur les sites de nos projets d’aménagement, ECT a défini trois cibles EEE prioritaires :
- Les Renouées asiatiques, Reynoutria japonica et Reynoutria sachalinensis
- Le Sainfoin d’Espagne, Galega officinalis
- L’Arbre à papillon, Buddleja davidii
Agir en 5 temps
Nous mettons en œuvre un plan de lutte en 5 actions pour ces espèces et l’ensemble des EEE :
- Identifier les EEE présentes sur le site : cartographier leurs emplacements et délimiter les zones à traiter avec des filets de protection.
- Définir la stratégie de lutte : en fonction de l’espèce identifiée, du contexte du site, de son relief, de la végétation existante et de l’usage futur de l’aménagement.
- Neutraliser leur installation par arrachage : coupe à ras et mise en sac, terrassement et mise en casier de grande profondeur.
- Contenir les stations qui ne peuvent être évacuées : privilégier la compétition, notamment pour la lumière. Planter des espèces locales à croissance rapide sur certains talus, comme l’Aulne glutineux ou le Noisetier commun. Favoriser également le développement des ronciers. Enfin, ensemencer les espaces ouverts pour éviter toute nouvelle germination.
- Surveiller l’arrivée des EEE : former les équipes internes, espaces verts mais aussi les équipes exploitation, quotidiennement présentes sur le site
Innovations, échanges et retours d’expérience
Ces actions s’inscrivent directement dans le Plan national de lutte contre les espèces invasives, mis en œuvre par l’Office français de la biodiversité. Elles font l’objet de retours d’expérience réguliers en interne. Ces échanges impliquent les écologues, les collectivités et les parties prenantes de nos projets. Ils s’inscrivent également dans le cadre de notre partenariat avec Humanité et Biodiversité.
Exemple : la Berce du Caucase à Mazingarbe
La berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) est une espèce exotique envahissante de grande taille, qui colonise rapidement les milieux ouverts et humides. Elle concurrence fortement la végétation locale et peut présenter un risque sanitaire en provoquant de graves brûlures cutanées en cas de contact avec la sève.
Sur le site ECT de Mazingarbe, des opérations de gestion ont été menées afin de retirer cette espèce et limiter sa propagation :
- Arrachage des plants existants
- Recouvrement par des terres inertes pour limiter la repousse
- Suivi régulier pour détecter et éliminer toute nouvelle pousse
Aujourd’hui, en partenariat avec Conservatoire d’espaces naturels des Hauts-de-France et Espaces Naturels Régionaux (ENRx), la réhabilitation du site est achevée : un verger à graines protégé par un espace forestier a été planté cet hiver.


